Olympia

Du 9 novembre au 21 décembre 2019
Vernissage : Le samedi 9 novembre 2019 de 15 h à 17 h
Hédy Gobaa : Olympia
Art Mûr Montréal

Texte de Noémie Chevalier

Hédy Gobaa combine dans sa production la photographie et la peinture. En 2018, il a soutenu une thèse de doctorat à l’UQAM, où il s’est interrogé sur le rôle des appareils numériques dans le processus de création artistique en peinture. L’artiste travaille d’après des photographies qu’il retouche à l’aide de logiciels numériques. En extrayant les formes et les couleurs, il se permet de transformer l’image en motif afin de créer un visuel unique.

L’exposition présente essentiellement des peintures. Ses huiles sur toile expriment la recherche de l’artiste des limites du réel et du virtuel. Dans sa série Venus & Venus, Hédy Gobaa aborde les questions de la féminité et du corps par rapport à l’immensité de la cosmogonie, puis de l’enfance et à la sexualité. Dans sa peinture Solaris, le corps de la femme allongée la fait apparaître dans la nuit ou dans le vide sombre d’un ciel étoilé ou surplombée par des planètes. Ici, l’artiste voit le rêve et le fantasme en rapport avec la vie et la mort qui sont pris dans un cycle allant de l’enfantement à la disparition. 
Le titre même de l’exposition Olympia fait écho à la mythologie gréco-romaine dont l’artiste a été profondément marqué depuis son plus jeune âge. Il a sillonné les sentiers du site archéologique de Carthage, en Tunisie. Il a été confronté à de nombreuses statues antiques, illustrant des divinités, qui sont altérées avec le temps. Gobaa crée alors une rupture intéressante avec les figures, en les détourant géométriquement ou en rompant brutalement les courbes avec des lignes pour ainsi intégrer du volume sur la surface peinte. 

Les sujets demeurent très souvent en action. Dans Double sous le soleil clair, il représente un homme en mouvement, semblable à un athlète prêt à s’élancer sur une piste de course. Cette référence à l’effort sportif n’est pas sans rappeler le rêve Olympique qu’Hédy Gobaa considère comme le lieu où « il n’y a que des luttes intimes contre soi-même ». C’est pourquoi cette force de contradiction s’établit dans l’apparition de motifs végétaux qui forment une profondeur singulière au point de prolonger ou de diviser le corps.

Dans ses peintures avec des motifs végétaux, il part de leurs apparences naturelle et biologique, telles qu’ils apparaissent sur la photographie pour ensuite y introduire une suite de découpes, de déformations, une colorisation surnaturelle et des étirements. Hédy Gobaa cherche à visualiser cette forme de contradiction pour se réapproprier un monde impalpable, pour a fortiori laisser place à la réflexion et faire en sorte de laisser surgir des sensations.