Valérie Arsenault

Valérie Arsenault
L’Université Laval (QC)

Mon travail récent témoigne dʼun intérêt pour le fabriqué, lʼimmédiateté, lʼimperfection et la complexité de notre rapport sensible au monde concret et à ses objets/espaces. Il découle principalement d’un intérêt pour l’observation des processus phénoménologiques d’appréciation du monde concret qui nous entoure, ce qui est là, ce qui se manifeste. Il est marqué par le geste et le corps, par une façon d’apprécier le paysage et le temps. La forme est issue du processus plutôt que dʼune idée : jʼagis à lʼintérieur et à l’extérieur dʼune boîte dont les arrêtes sont les seules contraintes. Mon travail repose donc sur une façon d’être aux choses qui s’ancre dans l’expérience consciente du monde. Il se compose et se décompose autour de cette relation au temps et à l’espace, et emprunte souvent aux codes de l’architecture et de la peinture. La forme sculpturale est le plus souvent traitée en tant que plan pictural. Par la nature fragile du carton, c’est l’addition de matière qui contribue à donner la forme définitive de l’oeuvre. En cela, je perçois une tension particulièrement importante dans l’appréciation de mon travail, soit le rapport au geste humain, mais à la fois à un certain rythme de travail visant en quelque sorte à l’annulation de ce geste en tant que démonstration individuelle, c’est-à-dire en tant que geste créatif et singulier, au profit de l’effet de la répétition du dit geste apparaissant plutôt comme mécanique, créateur plutôt que créatif. De l’expérience personnelle naissent donc mes oeuvres, pouvant apparaitre comme des hybrides entre la sculpture et la peinture, qui renvoient à leur tour vers le monde et non pas à l’expérience intime. Il y a donc quelque chose d’universalisant dans le processus, ancré dans la banalité du geste se soustrayant à la hiérarchisation, qui résulte ultimement en des oeuvres qui sont silencieuses et n’appelle pas au discours mais plutôt à l’expérience directe.

Valérie Arsenault vit et travaille entre Québec et Montréal. Elle termine un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’université Laval en 2020, au cours duquel elle s’implique à plusieurs niveaux au centre d’artistes Regart, à Lévis. En 2019, elle participe à l’exposition collective Les temps longs à Espaces F, à Matane.