Sarah Boutin

Sarah Boutin
UQAM (Montréal, QC)

Ma pratique artistique se déploie autour de ce qui échappe, questionne les notions de filiations et le poids de la transmission. J’interroge les façons dont les expériences de trauma, de réconciliation et de mémoire s’inscrivent dans les corps. Les gestes artistiques que je réalise prennent la forme d’apprentissages et d’expériences pour cueillir, accueillir, porter, supporter et panser. J’envisage le travail plastique et celui de l’écriture comme des actes permettant de réorganiser le récit et de prendre soin. Qu’elles soient sous forme d’installation sculpturale, de vidéo ou de performance, mes œuvres proposent des poèmes visuels. L’association de symboles personnels (roches, abeilles mortes, charbon, sel, miel, lait, etc.) avec le travail du texte – mis en espace de façon picturale, vidéographique ou sonore – me permet d’aborder des récits personnels et de les mettre en lien et en perspective avec la Nature, ses cycles de vie et de mort.Ma posture de recherche se développe par la contemplation de ce qui persiste ou sans cesse recommence. Je questionne les états de transitions; moments pivots, renversements, mutations lentes qui traversent autant l’intimité que les écosystèmes. En m’attardant aux émergences (aubes, matins, prémisses, apparitions, etc.) et à ce qui prend fin (ruptures, deuils, fins, pertes, etc.), je cherche ce qui permet d’inscrire les choses dans une continuité« (…) c’est-à-dire comme participant à une chose plus vaste et déjà en marche»1

Sarah Boutin est une artiste de la relève qui vit et travaille à Montréal. Elle a complété un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. Elle s’intéresse à la place du corps dans les expériences de transmission, de trauma, de réconciliation et de mémoire. Sa pratique se déploie principalement au travers des installations, de la vidéoperformance et de l’écriture. La dimension textuelle de son travail est pour elle une façon de questionner les sources (étymologies) et ce qui permet les passages (les actes d’écrire et de raconter). Elle travaille aussi avec Myriam Simard-Parent pour voir comment le travail performatif en duo permet d’explorer les notions de soutien ou d’abandon qu’impliquent toutes relations. Son travail plastique a notamment a été présenté à la Place des Arts (Montréal).

1.De la Chenelière, Évelyne et Laramée, Justin, Nous reprendrons tout ça demain, Atelier 10, Montréal, p.12.