Raphaël Biscotti

Raphaël Biscotti
Vers une pensée-paysage
UQAM (Montréal, QC)

La pratique artistique de Raphaël Biscotti est générée par les effets de l’anxiété généralisée qu’il vit au quotidien. Il tente, par la pratique du dessin, d’évoquer la névrose que l’acte de dessiner lui permet d’évacuer. Le temps passé à dessiner devient méditatif et l’amène à élaborer ses réflexions face au glissement rapide de son bien-être vers la dé-tresse. Une enquête sur lui-même se construit en une « pensée-paysage », c’est-à-dire une passerelle sensible entre la poétique de l’expérience introspective et le temps passé à des-siner. En utilisant la métaphore, le récit, les mots et le dessin de paysage, il tente de té-moigner d’une expérience riche et complexe de l’intériorité dérangée en progression vers l’apaisement. La nature devient un agent important pour la recherche d’une accalmie. Il va parfois la présenter comme rassurante, parfois angoissante; elle est son miroir. 

Dans le cadre de sa maîtrise, Raphaël Biscotti souhaite entourer son sujet par le récit de ce qui l’affecte. S’intéressant au dialogue possible entre les mots et l’image, l’écriture s’ancre dans la pratique de l’artiste. Cette méthode provoque une réflexion dif-ficile sur une enfance troublée qu’il remet constamment sur la table du présent. Une ex-ploration des territoires du chez-soi en découle et lui permet d’établir une discussion entre les souvenirs d’un paysage pensé, imaginé et vécu. Cette pensée-paysage laisse entrevoir un univers intérieur forgé par l’imaginaire des paysages de son lieu d’origine, les Hautes-Laurentides, tout en subissant les conséquences de l’anxiété et de la maladie mentale. Plusieurs séries de dessins, le plus souvent exécutées au crayon et à la poudre de graphite, en découlent sous plusieurs formes et formats. Ses recherches se concentrent aussi sur le contexte spécifique de la pratique du dessin. Pour lui, le dessin opère dans un entre-deux intéressant à explorer, entre l’œuvre et le croquis. Il y voit la possibilité d’un dialogue, voire un décloisonnement. Dès lors, quelle est la place de la pratique du dessin dans la hiérarchie des médias en arts visuels ? Est-ce que l’« étude » peut agir comme œuvre au-tonome ? Ce type de questions surgissent dans la réalisation même de ses dessins et fe-ront l’objet d’une attention particulière dans l’écriture du mémoire.

Raphaël Biscotti est originaire de Val-David, dans les Hautes-Laurentides. Il a fait ses études à l’Université Concordia en Studio Arts où il a eu la chance de pouvoir faire un échange étudiant en Finlande dans le programme Arctic Arts and Design pour la durée d’un an. En 2018, il obtient son diplôme et entreprend l’année suivante une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Il termine sa deuxième année de maîtrise et entre en rédaction dès cet été.