Simon Bilodeau

Né à Laval (QC) en 1981.

Posant un regard cynique et cinglant sur le monde actuel, Simon Bilodeau nous propose d’en imaginer les restes, les déchets, suggérant par ses tableaux et sa prise en charge de l’espace d’exposition les sites archéologiques du futur. Transgressant les frontières connues de la galerie, l’artiste entraîne le spectateur au-delà de l’espace convenu des salles d’exposition, vers un ailleurs désertique aux reflets futuristes. En effet, le spectateur entrant dans la pièce du fond au rez-de-chaussée de la galerie, sera amené à traverser un étroit couloir « muséal » consacrant des tableaux de petites dimensions. Ces tableaux, qui laissent entrevoir à travers les coulisses de peinture la signature – image de marque – de l’artiste, évoquent par leur présentation le rite initiatique garant de la reconnaissance artistique. Tout au bout du couloir, le spectateur accèdera à une deuxième pièce, inédite, de l’espace d’exposition, dans laquelle trônera, au-dessus d’une scène évoquant un autel serti de cristaux chatoyants, une toile célébrant la chute de la réalité « Technicolor » d’aujourd’hui. Dévoilant l’aspect illusoire des valeurs de richesse et de consommation que nous font miroiter les publicités et images de marque établissant les standards visuels actuels, Simon Bilodeau n’hésite pas à détourner les symboles de réussite que sont les diamants et la signature de l’artiste. En donnant une place considérable en terme de superficie à son nom, faussement taillé dans la pierre, ainsi qu’à des diamants de grosseur inespérée, décevant par leur matière pauvre, le plâtre, Bilodeau dénonce la superficialité rampante d’une humanité aveuglée par l’artifice et le spectaculaire, se nourrissant de simulacres. Son univers en noir et blanc, étincelant mais stérile, évoque le champ de bataille d’une guerre propre, aux armes silencieuses laissant peu de traces. Ce que la version visuelle des onomatopées d’explosion, facilement méprises pour des étoiles à l’éclat disproportionné, sous-entend. Une guerre propre, sournoise, dont les souillures ont été cachées sous de larges plages blanches, desquelles émergent tout de même le désordre par endroits : tant à travers cette figuration étrange, ces jambes sectionnées revêtant l’arme de séduction qu’est le talon aiguille, que par ces coups de pinceau malmenant la matière picturale dans des lieux circonscrits du tableau.

Deux discours critique, donc, au sein de cette pratique artistique se penchant sur les mondes de l’art et de la publicité, encensant tous deux avec la même vigueur ces noms – de marques déposées, d’artistes – aux auras fabriquées. Du toc, nous dit l’artiste, de la camelote, une opération de charme menée de mains de maître par ceux, au-dessus, au-delà, qui tirent les ficelles. Théorie de la conspiration? Peut-être, mais qui donne lieu à des tableaux et des mises en scènes intrigantes.

Curriculum Vitae
www.simonbilodeau.com

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